[Revue non identifié]

septembre 1921

 

Henri Béraud

 

Écrivains d’exportation

 

A Belfast, en Ulster, la ville du monde qui lit le moins, il y a une librairie française. On y trouve principalement des livres de cuisine et les œuvres de MM. Claudel, Suarès et André Gide.

Il y a partout des librairies françaises, et, dans les librairies françaises de partout — hormis les librairies françaises de France — on trouve les livres de MM. Gide, Suarès et Claudel. Entendez bien qu'il ne s'agit pas de traductions. Ces messieurs se flattent qu'on lit en tous lieux, leur texte original.

Il faut, en tous cas, convenir qu'ils représentent, à eux seuls, les lettres françaises dans les pays où l'on ignore tout à fait notre langue. C'est au point qu'ils nous donnent, à rebours, la mesure de notre influence. La Suède, la Suisse allemanique, l'Angleterre, le nord de l'Irlande, quelques villes luthériennes du Rhin les accueillent avec faveur, tout comme elles consomment ces marques de Champagne inconnues de nos cartes, et qu'on boit seulement à l'étranger. Ce sont les meilleurs, à ce que prétend M. Pierre Hamp. Cela se peut ; le contraire se peut aussi. Quoi qu'il en soit, le buveur d'extra-dry cassis à Londres, dans les easy-chairs de son club, ne se pose point en expert des vintages de Bouzy, de Cramant et de Rilly-la-Montagne. Il boit et se tait. Mais tout étranger lecteur de livres français croit très dur que le meilleur de notre littérature actuelle porte couverture blanche à filets roses ; et il professe que (les trois gloires de la N.R.F. exceptées), nous ne nourrissons ici qu'un dérisoire ramassis d'académiciens, de reporters, d'amuseurs publics et de poètes de mirlitons. Nul n'ignore cela, qui voyagea quelque peu chez les Scandinaves et les Anglo-Saxons durant ces dernières années. Et c'est peine perdue que de contredire, sur ce point, les dolichocéphales, qui, de leurs shillings, de leurs florins, de leurs kronen, de leurs marks, achetèrent leur droit de préférence. Il serait vain, surtout, de leur montrer le rang véritable qu'occupent MM. Gide, Claudel et Suarès parmi les écrivains de notre langue et de notre génération. Les dolichocéphales, qui n'en connaissent point d'autres, vous répondraient que ce sont les seuls.

 

Après tout, il se peut que le gidisme, le suaressisme et la claudelication tirent quelque avantage de nous être, comme ils sont, réimportés. Ainsi le mail, le ballon et la courte-paume gagnèrent beaucoup à nous revenir sous les noms de golf, de football et de tennis... Tous les snobismes trouvent leurs volontaires, même le snobisme de l'ennui, qui est, en quelque sorte, un snobisme huguenot. Voilà qui peut tout expliquer : MM. Claudel, Gide et Suarès plaisent, dans toute l'Europe à l'immense clientèle des pasteurs, uniquement parce qu'ils n'écrivent ni pour leur propre plaisir, ni pour le plaisir d'autrui. Leur pensée porte redingote ; de moroses Européens y croient trouver la rançon du débraillé français. Ceux d'entre nous qui voyagèrent en pays protestant comprennent ces premières raisons du succès qu'y rencontrent l’Annonce faite à Marie, Le Bouclier du Zodiaque ou la Porte Étroite.

Certes, les théoriciens de la « contrainte nécessaire » ne se débraillent point, même lorsqu'ils entreprennent d'être voluptueux. On l'a bien vu lorsque, durant l'été de 1920, M. André Gide guinda la divine… Cléopâtre, pour le compte d'une tragédienne en chaleur, laquelle devant un parterre stupéfait, semblait haleter des versets bibliques. On l'a vu mieux encore avec la pesante et molle allégorie que dédia M. Claudel aux désirs nocturnes du danseur Jean Borlin. On ne nous saurait mieux dévoiler le néant des plaisirs et le déboire de l'amour.

Quant à la Tragédie d'Électre et d'Oreste, œuvre du troisième clergyman, l'honorable M. Suarès, elle est à la fauve et magnifique impudicité des Choéphores, ce que les plus sorbonneux quinquets sont au soleil méditerranéen...

Prudes, ces messieurs ont bien tort de se défendre de l'être. Grâce à Dieu, nous ne manquons pas de cochons. J'ai sous les yeux une sorte d'épître que M. Gide adressa jadis au feu sénateur Bérenger. Et il se donne du mal bien inutilement pour sauvegarder l’« asile du plaisir ». A quoi bon monter la garde devant une maison que l'on n'habite point ? Mais M. Gide et ses amis passent leurs jours à protester contre leurs réputations.

Ne trouve-t-on pas dans les Nouveaux Prétextes (1) une réponse à M. Eugène Montfort où M. Gide abjure son calvinisme natal. Il ne l'eût point fait avec plus de véhémence sous l'arquebuse de Charles IX. Ce fut en son temps un plaisant débat. M. Marcel Coulon écrivait, avec son ordinaire placidité : « Espérons que la querelle s'envenimera. Et jetons de l'huile sur le feu. » (2) Il n'en était guère besoin, le fagot allumé par Remy de Gourmont grillait bien assez les orteils de notre calviniste. Il reniait éperdument le docteur genevois : « J’ai cette figure en horreur » écrivait M. Gide. Nous l'en croyons. Mais qu'est-ce que cela prouve ? On peut détester Calvin et vivre dans la sécheresse, et penser comme un brûleur d'hérétiques et, de bout en bout d'une carrière, expurger son œuvre du moindre ornement, de la moindre grâce, du moindre abandon.

En vérité, celui qu'on surnommait, naguère, « le Barrès protestant » n'eut d'autre malice que d'attribuer à son défaut de sensibilité le caractère d'un don. Il n'est pas le premier, certes à nier faute d'odorat le parfum de la rose. Mais il eut la chance de survenir en un temps où chacun peut vanter ses infirmités comme autant de mérites. Il se trouve, d'ailleurs, toujours des gens pour appeler « art volontaire » un labeur sans effusion.

A ces causes, M. Gide se trouva bien de ses imperfections. Il est, à la Nouvelle Revue Française, le chef d'une espèce de d'Indysme littéraire qui n'atteint pas, heureusement, la funeste influence de l'autre. D'Indyste, M. Gide l'est autant par le caractère laborieux et quasi provincial de ses travaux que par son aversion pour un art fait de grâce déployée, d'agréable paganisme, de vérité humaine, de passion, de gaîté, de colère ou de primesaut. Quant à cela, il n'a jamais changé. Dès la première de ses Lettres à Angèle (qui sont de 1898) M. Gide parle de Mirbeau, à qui, par un penchant naturel, il préfère — déjà! — M. de Curel. Et M. Gide écrit : « Vous qui connaissez M. Mirbeau, et qui avez quelque influence sur lui, vous devriez bien tâcher de lui lire un peu ses articles. Ils sont stupides. C'est certainement parce qu'il a du génie, mais c'est fâcheux qu’il n'ait pas plus de talent... Non chère Angèle, s'il avait seulement un peu de talent, je vous affirme qu'il n’oserait plus écrire. » Là-dessus, il dit tout le mal qu'il pense de la vérité et des écrivains qui s'en réclament. M. Gide, c'est... le vide qui a horreur de la Nature.

Défaut d'imagination, dédain de la vie, absence de sensibilité, voilà bien tout ce qui classe M. Gide hors de notre génie. Il en est, autant dire, l'adversaire. Ce Nîmois a quelque chose d'helvétique ; c'est un Rousseau congelé, un Rousseau bourgeois, un Rousseau rentier. Et même, comme on le pourra voir dans un instant, un Rousseau obséquieux, épaté par les grands.

Parlant à Bruxelles il dit : « La beauté ne sera jamais une production naturelle, elle ne s'obtient que par une artificielle contrainte... L'art n'aspire à la liberté que dans les périodes malades... » (3)

Et plus tard, parlant à la cour de Weimar, il fit cette déclaration : « Le public [que l'artiste doit flatter (sic)] ne doit plus avoir faim... j'ajouterai qu’il doit être en petit nombre. » Voilà bien des devoirs ! C'est une profession de foi. Elle a pu obtenir l'acquiescement de S.A.R. le grand duc de Saxe Weimar-Eisenach. Mais elle a dû plonger les éditeurs de M. Gide dans le plus vertical abîme de réflexions.

Ainsi parlait l'auteur d'Isabelle, au temps où il s'exportait lui-même.

Et l’écrivain errant se présentait, aux cours et aux villes, portant le modeste orgueil de « ceux qui ne compromettent point leur nom à louanger le populaire. » Autant dire qu'il écrivît toujours pour l'élite, et, cela va de soi, avec soin. Ouvrons donc un de ses livres le plus célèbre, du moins celui que préfèrent ses admirateurs : Le Retour de l'Enfant Prodigue. Au hasard, s'il vous plaît : « Il distingue s’avancer sur le perron sa mère... il n'y tient plus, descend en courant la colline, s’avance dans la cour, aboyé par son chien qui ne le reconnaît pas. »

... « Ah ! malgré que le fils aîné vous souffle, Père, puisse-je entendre votre voix. »

Et voici (bornons-nous) du Gide plus récent ; ceci, tiré d'un conte publié en 1918 dans une revue genevoise :

« Son regard était vague comme ceux qui n'attendent plus rien de la vie et il paraissait ne pas voir les passants qu'il croisait ; mais quand ceux-ci s'arrêtaient à le regarder, vite il se recouvrait, par dignité, et recommençait de marcher... Il avait l'air de quelqu'un... qui se laissera mourir plutôt que de condescendre à de nouveau redemander… »

Si, d'un collier innombrable, j'extirpe ces quelques perles, ce n’est point pour le vain plaisir de montrer que les puristes de la « contrainte » pourraient apprendre la grammaire chez les échotiers et chez les vaudevillistes. Passe pour les fautes de langue. Les cuistres seuls n'en font point ; et encore ! Mais que dire de ce style méthodiquement « accrocheur » de ces mots toujours employés selon la quatrième ou la cinquième acception de Littré, de ces jeux de syntaxe équivoques, et qui, même chez un sûr écrivain, nous seraient insupportables ? Voilà qui justifie, ma foi, les sévérités de l'auteur des Prétextes en matière de style et à regard de certains, que nous aimons !

Je répète qu'on y pourra revenir. Pour l'instant la place nous est mesurée.

 

Polémiste du glorieux trio, M. Gide se découvre naturellement davantage que MM. Claudel et Suarès ; ceux-ci jouissent en paix d'une plus coite félicité. Tout porte à croire qu'ils se tiennent pour contents et de leurs lecteurs et de passer, aux yeux de quelques journalistes myopes et de quelques increvables boulevardiers, pour des « écrivains d'avant-garde ».

Faire figure de « moderne » c’est, en vérité, l'unique bénéfice de l'écrivain d'exportation. Je pense que, sans les dithyrambes étrangers, nul, ici, ne se serait trompé sur le cas de ces messieurs. Quand on y réfléchit, rien n'est plus divertissant que la position de ces sages, scolaires et livresques auteurs, travestis en bousculeurs de traditions. A ce point de vue, le cas de M. Paul Claudel est, de beaucoup, le plus curieux.

Entre M. Claudel et M. Alfred Poizat, par exemple, il n'y a que l'espace d'un truquage littéraire, d'ailleurs assez malhabile. M. Claudel « pense académique » et sa production, loyalement offerte pour ce qu'elle est, s'adresserait au public le moins épris d'originalité. Ses clients véritables sont justement les gens qui le honnissent. Tout l'esprit de M. Claudel fut de mener les snobs brouter l'herbe des moutons. Du reste, le tour ne demande pas beaucoup d'adresse, en un temps où chaque imbécile tremble de méconnaître un nouveau Mallarmé. Il y suffit d'un peu d'astuce et de se dire, à la façon des brocanteurs, qu'il y a beaucoup plus d'amateurs que de connaisseurs.

Cette sorte de piperie ne donne, certes, point le change à la critique, ni même aux plus médiocres écrivains de métier. Mais elle abuse les badauds. Le procédé, fort simple, est analogue à celui de tel dessinateur, qui atteint — ou croit atteindre — à l'arabesque schématique par une superposition de calques. Le résultat, c'est des drôleries comme ceci ; je cite :

 

Trompettes dans l'éloignement.

« violaine — Qu'est-cela ?

mara. — C'est le Roi qui va-t-à Rheims. N’as-tu point entendu, de cette route, que les paysans taillaient tout au travers de la forêt ?

(Et cela fait aussi du bois pour eux.)

C'est une petite pastourelle qui le conduit par le milieu de la France. A Rheims pour qu'il s'y fasse sacrer.

violaine. — Loué soit Dieu qui fait ces grandes choses. » (4)

 

Ou ceci :

 

« mara. — Ça n'est pas vrai ! Je sais bien que vous ne m'aimez pas ! Vous l'avez toujours préférée. Oh, quand vous parlez de votre Violaine, c'est du sucre. C'est comme une cerise qu'on suce au moment que l'on va cracher le noyau ! »

 

Ou ceci :

 

violaine. — Mais que c’est bon aussi de mourir ! Alors que c'est bien fini et que s'étend sur nous peu à peu,

L'obscurcissement comme d'un ombrage très obscur. »

 

De telles inventions ont fait pâmer les jeunes serins, les ternes bégueules et les amazones eucharistiques qui forment la garde du suave diplomate. Mais il advint que deux ou trois oisifs les commentèrent d'un ton quasi sérieux. Puis quelques naïfs arrivèrent au théâtre de « l'Œuvre » munis des sifflets. Notre rusé compère n’en demandait pas plus et n'en espérait pas tant. Il y eut enfin un « cas Claudel » ; entendez : un cas public ; car l'auteur de Tête d'or était à cette époque fort célèbre dans quelques mètres carrés. Mais la huée d'un maladroit sert mieux un écrivain qu'un article de Remy de Gourmont. (5) M. Claudel fut soudain révélé au monde et sa renommée alla non seulement du Brésil à Christiania, mais jusqu'à M. Etienne Lamy, qui lui remit, au nom des Quarante, les deux mille francs du prix Narcisse Michaud. Et le brave père Lamy disait, en offrant à Claudel les cents louis du bon Narcisse : « Il faut proposer M. Claudel à l'admiration sans le donner en exemple... » Tu parles !

Tout le monde, ne montra point la discrétion de M. Lamy. M. Claudel n'a pas moins de disciples que d'admirateurs, c'est-à-dire une bonne centaine. Il tire beaucoup de gloire de sa mévente (Je vous dis que ces gens-là s'enorgueillissent précisément de ce qui les devrait affliger.) Si M. Gide vit heureux, dans son narcissisme d'homme sans cœur et sans originalité, M. Claudel se régale constamment de la pensée que ses livres n'intéressent pas le public.

Les trouve-t-on, ces livres, non coupés dans les caisses des bouquinistes ? Les gens baillent-ils au théâtre lorsqu'un directeur malavisé reprend l’Annonce faite à Marie ? Tant mieux ! s'écrie l'heureux Claudel cela prouve que j'ennuie, et c'est précisément mon dessein. D'ailleurs les ennuyés volontaires se disent satisfaits. C'est à eux, sans doute, que pensait M. R.M. Hermant, écrivant ce qui suit, dans Feuilles Libres : « Un livre alerte, imprévu et attachant n'est pas un livre, parait-il. La vraie littérature c’est proprement celle qui ne saurait ni plaire ni se vendre, tout comme, je soupçonne, la bonne horlogerie est celle qui ne marche jamais. » Après la répétition générale de « l’Homme et son Désir » un claudelien (6) déclara : « c'est beau comme l'horloge de la Cathédrale de Strasbourg ! » Tout cela se peut concilier. Mettons que M. Claudel construise de belles horloges dénuées de mouvement, et souhaitons qu'il se déclare tout à fait content d'un pareil éloge.

Mais voici M. Suarès, autre sommité du commerce extérieur. M. Suarès est, si possible, moins lu que M. Claudel. A dire vrai, c'est miracle que sa renommée ait pu dépasser le cercle patient et douloureux des correcteurs d'imprimerie. Il y a, dans le cas de M. Suarès, quelque chose, si l'on peut dire, d'américain ; c'est en son genre, un recordman ; il se peut flatter d'être le pire importun in the world. En aucun temps, dans aucune langue, on ne vit fâcheux semblable. M. Suarès, dénué de moyens littéraires jusqu'à l'invraisemblance, incarne, au surplus, le type rarissime de l'homme qui naît, vit, vieillit et meurt sans avoir rien, rien à dire. On ne s'étonnera point qu'un homme aussi miraculeusement dépourvu de talent, d'alacrité et de lecteurs fasse figure de génie au regard de quelques œdipes suburbains et de quelques Scandinaves gavés d'eau fraîche et comblés de gymnastique.

M. Paul Souday, dont les hommes de ma génération méconnaissent parfois le zèle attentif, souvent perspicace et toujours courageux, écrivait en 1913, à propos de « l'ascétisme de M. Suarès » : « On dirait d'un normalien déguisé. »

Indulgence et vérité ! Il est vrai que l'auteur du Voyage du Condottiere s'en va masqué sur nos chemins. A quoi bon ? Cur ego personatus ambularem ? On reconnaît toujours les siens ; l'écarlate manteau de Tirésias, dont s'affuble M. Suarès, ne cache pas tellement son pied que l'on n'aperçoive les savates universitaires qui le chausse. Un pion, sur un trépied n'est pas moins pion que dans la cour des moyens.

M. Suarès écrit : « On ne se hait point soi-même ; mais on peut ne pas s’aimer. Apollon a besoin de Marsyas sitôt qu'il cesse de chanter. Marsyas est le miroir où il se considère. Il le dépouille pour le mieux connaître. Il lui arrache la peau, pour bien voir là-dedans. Il le dissèque pour savoir les pièces et les ressorts du fond. Quand il serait l'instinct qui crée le monde dans un chant, Apollon désormais est toute l'intelligence etc. etc. » (7)

Je cite ce que j'ai sous la main, au hasard, sans choix, et je suis bien tranquille : Ces six lignes en valent cent comme elle en valent deux. L'œuvre de M. Suarès offre un merveilleux exemple d'unité dans le vide, dans la platitude et dans l'ennui. Il en a écrit comme ça des tomes et des tomes ; et il ne s'arrêtera pas de sitôt. Il crèvera sous lui, s'il le faut, tous les éditeurs distraits et tous les imprimeurs syndiqués. Il écrit comme il pense, par petits bonds et sans bien savoir où il va, ni par quelles voies ; ni combien de sauts il devra faire avant de terminer l'épreuve. Laissons à ses prouesses cet infatigable, cet apocalyptique sauteur, qui tourne gravement dans le cercle de ses idées comme autour d'un confetti ; et laissons à leur plaisir ceux que cela peut amuser.

 

Ma conclusion, je la veux courte et je l'emprunte à un écrivain dont je ne partage point ordinairement les opinions : « Tout le monde, écrit M. Marcel Azaïs, est capable d'écrire des notations plus ou moins fausses et de démonter un sentiment en mille pièces arbitraires, mais demandez à ces mêmes gens d'écrire du Stevenson, ou, plus humblement, du Jules Verne ? »

Ce serait, en effet, beaucoup demander. Aussi nous ne demandons rien. Mieux vaudrait que l'on s'occupât de répandre, hors des frontières, ce qui, proprement, est notre littérature d'aujourd'hui. Il suffirait je pense, de révéler aux diligents collègues de l'ambassadeur Claudel l'existence de cent écrivains, qui sont notre honneur et notre joie.

 

 

(1) P. 222 et suivantes

(2) Témoignages (2e série)

(3) Le tout à grand renfort de « malgré que » et autres gentillesses dont M. Gide, nous le montrerons, ne s'est jamais entièrement défait.

(4) L’annonce faite à Marie, act. III

(5) Livre des Masques.

(6) Qu’il disait !

(7) A. Suarès : Le poète au miroir.