La Volonté

 

M. de la MALICE

24 février 1926.

 

 

     N'y aurait-il plus de critiques, de critiques lisants et relisants, de critiques à bibliothèques lesquels, au temps de Sainte-Beuve, apportaient, sur l'auteur d'un livre, une étude détaillée et complète ?

     Tous les feuilletons se sont mobilisés au service du dernier-né de M. André Gide : Les Faux-Monnayeurs. M. François Porché, dans Paris-Midi, M. Kemp, dans La Liberté, M. Souday, dans Le Temps, M. André Thérive, dans L'Opinion, tous ont remarqué l'indication : premier roman, inscrite dans la dédicace du livre. Aucun n'a pensé à regarder dans sa bibliothèque (mais on vend tant de livres aujourd'hui) si aucun livre de M. André Gide ne portait la mention : roman. C'est précisément le cas pour L'Immoraliste (éditions du Mercure de France).

     Ajoutons, à ce qu'on pourrait appeler la décharge de M. André Gide, qu'il ne sait peut-être plus compter jusqu'à deux, comme les vieux messieurs vicieux de la chanson qui a fait la célébrité de M. Maurice Donnay au temps du Chat Noir.

 [Repris dans le BAAG, n° 23, juillet 1974, p. 25].