Le Matin

 

8 août 1904

Louis Vauxcelles

 

Au pays des Lettres

Entretien avec Octave Mirbeau

 

[…]

M. Mirbeau, excité, s’abandonnait à des jugements sévères que je n’ose rapporter. Il m’entretint de réconciliations impossibles, « tant que certaines questions ne seront pas réglées ». Après son réquisitoire, il ajouta : « Je me sens meilleur à la campagne, plus indulgent… »

— Citez-moi, dis-je enfin, des « jeunes » intéressants, originaux.

Octave Mirbeau me loua vivement L’Immoraliste d’André Gide, « admirable livre dont on n’a pas parlé » ; les drames touffus, où il y a des parties de premier ordre, de Paul Claudel, consul à Fou Tcheou ; les Cœurs malades d’Eugène Montfort, « beaucoup d’accent, de sensibilité, de vérité » ; de Paul Léautaud, Petit ami, « sujet scabreux, mais des dons étonnants » ; Charles-Louis Philippe, père de Bubu de Montparnasse. Puis il entonna le les [?] d’un cultivateur des environs de Bourbon-l’Archambault, cet Émile Guillaumin qui vient, en ses Mémoires d’un métayer, de décrire avec un si probe réalisme la vie paysanne, les champs et les bestiaux, et les marchés de la petite ville.

[…]

 

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